
Archives de la catégorie « 'Isabelle »


Période surréaliste
2005-11-22 à 11 h 36
Beaucoup de choses me font penser, ces derniers jours, à ce que j’aime appeler la « période surréaliste » de Radio-Canada, en commençant par la sortie en DVD de Sol et Gobelet, vaisseau phare de cette période d’imagination débridée. J’essayais d’ailleurs d’expliquer à mon amie (qui a eu le malheur de naître et grandir en Ontario) ce qu’était cette émission : deux clowns (dont un maître de la langue) habitant un appartement sans mur (mais avec une porte et une fenêtre) et légèrement meublé. Tout y était jeu, dans l’acception la plus large du terme. Rien d’infantilisant, mais rien non plus de trop éducatif comme tel. C’était éducatif, en fait, comme l’est la vie, les histoires avant de se coucher, comme le sont les couloirs et courts d’école plus que les bancs. On y cultivait l’imagination et l’imaginaire.
Beaucoup de choses me font penser, ces derniers jours, à ce que j’aime appeler la « période surréaliste » de Radio-Canada, en commençant par la sortie en DVD de Sol et Gobelet, vaisseau phare de cette période d’imagination débridée. J’essayais d’ailleurs d’expliquer à mon amie (qui a eu le malheur de naître et grandir en Ontario) ce qu’était cette émission : deux clowns (dont un maître de la langue) habitant un appartement sans mur (mais avec une porte et une fenêtre) et légèrement meublé. Tout y était jeu, dans l’acception la plus large du terme. Rien d’infantilisant, mais rien non plus de trop éducatif comme tel. C’était éducatif, en fait, comme l’est la vie, les histoires avant de se coucher, comme le sont les couloirs et courts d’école plus que les bancs. On y cultivait l’imagination et l’imaginaire.

De l’origine
2005-09-13 à 11 h 11
Il y a un an, je commençais à travailler à ce site. Comme je m’étais dit alors, à force de travailler sur ceux des autres, fallait bien que je me décide à m’en créer un pour moi.
L’idée derrière ce site était de présenter mes « œuvres » à un plus large public. Une expérience d’affirmation dont j’avais grandement besoin. Celle qui m’a appris à me pousser un peu plus dans l’cul, à cesser de trop procrastiner, venait d’être hospitalisée et il me fallait agir sur ce que je pouvais contrôler. Sa souffrance était au-delà de ma sphère d’action, je ne pouvais qu’affirmer ma vie. Un drôle d’exutoire.
D’ailleurs, lorsqu’on est confronté à une telle débandade de la vie, on s’accroche à ce qu’on peut. N’ayant plus de quotidien normal, on emprunte celui des autres, on essaie de retrouve un incertain confort. En espérant pouvoir surnager. Et on tisse ou retisse des liens. On découvre sa force et celle de ses proches.
C’était comme si ce site se voulait un refuge loin des remous de ma vie. Des fois, ça aide un peu de faire comme si tout était normal, et ce site me permettait de mettre un peu de mes énergies où elles pouvaient m’être utiles. J’évitais d’ailleurs d’en parler. Comment en effet traduire le sentiment d’impuissance (un des pires sentiments que l’on puisse connaître) de voir celle qu’on aime prise dans un dédale de souffrances, la voir s’améliorer et rechuter, voir son désespoir. C’était comme si elle était dans un labyrinthe : de l’extérieur, nous pouvions voir qu’elle faisait des progrès. Mais de sa perspective, il n’y avait qu’une suite de murs, de tournant, de culs-de-sac. La première chose dont la dépression nous prive est l’espoir, l’espoir d’aller un jour mieux, espoir que la vie va reprendre. Et dans cette noirceur, entourés de ces murs, il est difficile de percevoir quelque amélioration de sa condition.
La première fois que j’en ai parlé fut une semaine après la mort d’Isabelle. Il fallait que j’exprime ma peine et que je propage l’hommage que lui avait écrit sa sœur. Depuis, même si je n’en ai pas beaucoup parlé, je m’empêche moins d’exprimer ce genre de chose sur ce forum que je me suis construit. Ce site a quelque peu changé depuis sa conception. Cette foire aux idées, qui se voulait un lieu d’exposition d’idées (farfelues ou non), a pris nettement plus de place et s’est métamorphosée au contact de la blogosphère.
À l’instar de François, je vais probablement faire un bilan de cette première année dans la blogosphère, à l’occasion du premier anniversaire du lancement de ce carnet. À suivre donc.
Il y a un an, je commençais à travailler à ce site. Comme je m’étais dit alors, à force de travailler sur ceux des autres, fallait bien que je me décide à m’en créer un pour moi.
L’idée derrière ce site était de présenter mes « œuvres » à un plus large public. Une expérience d’affirmation dont j’avais grandement besoin. Celle qui m’a appris à me pousser un peu plus dans l’cul, à cesser de trop procrastiner, venait d’être hospitalisée et il me fallait agir sur ce que je pouvais contrôler. Sa souffrance était au-delà de ma sphère d’action, je ne pouvais qu’affirmer ma vie. Un drôle d’exutoire.
D’ailleurs, lorsqu’on est confronté à une telle débandade de la vie, on s’accroche à ce qu’on peut. N’ayant plus de quotidien normal, on emprunte celui des autres, on essaie de retrouve un incertain confort. En espérant pouvoir surnager. Et on tisse ou retisse des liens. On découvre sa force et celle de ses proches.
C’était comme si ce site se voulait un refuge loin des remous de ma vie. Des fois, ça aide un peu de faire comme si tout était normal, et ce site me permettait de mettre un peu de mes énergies où elles pouvaient m’être utiles. J’évitais d’ailleurs d’en parler. Comment en effet traduire le sentiment d’impuissance (un des pires sentiments que l’on puisse connaître) de voir celle qu’on aime prise dans un dédale de souffrances, la voir s’améliorer et rechuter, voir son désespoir. C’était comme si elle était dans un labyrinthe : de l’extérieur, nous pouvions voir qu’elle faisait des progrès. Mais de sa perspective, il n’y avait qu’une suite de murs, de tournant, de culs-de-sac. La première chose dont la dépression nous prive est l’espoir, l’espoir d’aller un jour mieux, espoir que la vie va reprendre. Et dans cette noirceur, entourés de ces murs, il est difficile de percevoir quelque amélioration de sa condition.
La première fois que j’en ai parlé fut une semaine après la mort d’Isabelle. Il fallait que j’exprime ma peine et que je propage l’hommage que lui avait écrit sa sœur. Depuis, même si je n’en ai pas beaucoup parlé, je m’empêche moins d’exprimer ce genre de chose sur ce forum que je me suis construit. Ce site a quelque peu changé depuis sa conception. Cette foire aux idées, qui se voulait un lieu d’exposition d’idées (farfelues ou non), a pris nettement plus de place et s’est métamorphosée au contact de la blogosphère.
À l’instar de François, je vais probablement faire un bilan de cette première année dans la blogosphère, à l’occasion du premier anniversaire du lancement de ce carnet. À suivre donc.

Du courage
2005-06-10 à 9 h 09
À lire aujourd’hui dans Le Devoir la chronique de Josée Blanchette. Elle y parle de mort annoncée et de survie. Elle cite Pierre Monette, dont la conjointe est décédée du cancer :
Tous ces gens qui nous parlent de courage, qui nous souhaitent du courage, qui s’étonnent de notre courage, qui l’admirent! Courage n’est pas le mot qui convient. Avoir du courage, c’est choisir d’affronter quelque chose. Diane et moi n’avons pas le choix. Faute de meilleur mot, c’est “devoir” qui me vient à l’esprit. Le devoir dans son acception le plus noble; pas comme contrainte, obligation, ce qu’on se voit forcé de faire malgré soi, non : le devoir comme acceptation de ce qu’on a à faire, de ce qu’on doit faire, de ce qu’on se doit de faire, indépendamment du fait qu’on soit ou non obligé de le faire.
Je n’aurais jamais pu mieux le dire. J’ai toujours apprécié l’écriture de Pierre Monette. D’ailleurs, j’avais prévu donner un de ses recueils à Isabelle, s’il en avait été autrement. Non, ce n’est pas du courage. En fait, devant une telle douleur, nous faisons tous (à notre façon, il va sans dire) ce que nous pouvons, c’est tout, c’est bien assez.
Demain, le 11 juin 2005, nous nous serions mariés. Je ne sais pas ce que la journée me réserve; ce sera peut-être comme faire le ménage dans les affaires d’Isabelle : l’anticipation qui est pire que le moment lui-même. IL y en aura pour me parler de courage, mais il y en aura surtout pour tout simplement faire ce qu’ils peuvent : être là.
À lire aujourd’hui dans Le Devoir la chronique de Josée Blanchette. Elle y parle de mort annoncée et de survie. Elle cite Pierre Monette, dont la conjointe est décédée du cancer :
Tous ces gens qui nous parlent de courage, qui nous souhaitent du courage, qui s’étonnent de notre courage, qui l’admirent! Courage n’est pas le mot qui convient. Avoir du courage, c’est choisir d’affronter quelque chose. Diane et moi n’avons pas le choix. Faute de meilleur mot, c’est “devoir” qui me vient à l’esprit. Le devoir dans son acception le plus noble; pas comme contrainte, obligation, ce qu’on se voit forcé de faire malgré soi, non : le devoir comme acceptation de ce qu’on a à faire, de ce qu’on doit faire, de ce qu’on se doit de faire, indépendamment du fait qu’on soit ou non obligé de le faire.
Je n’aurais jamais pu mieux le dire. J’ai toujours apprécié l’écriture de Pierre Monette. D’ailleurs, j’avais prévu donner un de ses recueils à Isabelle, s’il en avait été autrement. Non, ce n’est pas du courage. En fait, devant une telle douleur, nous faisons tous (à notre façon, il va sans dire) ce que nous pouvons, c’est tout, c’est bien assez.
Demain, le 11 juin 2005, nous nous serions mariés. Je ne sais pas ce que la journée me réserve; ce sera peut-être comme faire le ménage dans les affaires d’Isabelle : l’anticipation qui est pire que le moment lui-même. IL y en aura pour me parler de courage, mais il y en aura surtout pour tout simplement faire ce qu’ils peuvent : être là.

D’argent
2005-06-2 à 16 h 01
Il y a déjà quelques années, j’ai proposé un échange à une amie artisane : un site Web contre une bague, la bague de fiançailles que j’allais offrir à Isabelle. J’avais un design en tête et je dois dire être très fier du résultat — et de l’accueil reçu d’Isabelle.
J’ai par la suite conçu ma propre bague, que j’ai fait exécuter par Marie-Ève St-Georges, récente diplômée de l’École de joaillerie de Montréal (maintenant installé dans ce coin de pays que j’affectionne). C’est alors que je me suis décidé à suivre des cours à cette même école et faire moi-même mes bijoux.
Je trouve très agréable de travailler l’argent (métal pour lequel j’avais déjà un faible), même si ça demande parfois beaucoup de patience, particulièrement lors de la finition. Et, des fois, ça ne marche vraiment pas comme on le voudrait…
J’offre donc ici un aperçu des bijoux que j’ai créé lors de mes deux premières sessions. Ce n’est pas beaucoup, car il me reste bien des choses à apprendre et que je ne suis pas encore installé pour travailler hors de l’école, mais c’est un début que j’aime bien. Les cours reprennent en septembre; j’augmenterai donc probablement cette page à l’automne.
Il y a déjà quelques années, j’ai proposé un échange à une amie artisane : un site Web contre une bague, la bague de fiançailles que j’allais offrir à Isabelle. J’avais un design en tête et je dois dire être très fier du résultat — et de l’accueil reçu d’Isabelle.
J’ai par la suite conçu ma propre bague, que j’ai fait exécuter par Marie-Ève St-Georges, récente diplômée de l’École de joaillerie de Montréal (maintenant installé dans ce coin de pays que j’affectionne). C’est alors que je me suis décidé à suivre des cours à cette même école et faire moi-même mes bijoux.
Je trouve très agréable de travailler l’argent (métal pour lequel j’avais déjà un faible), même si ça demande parfois beaucoup de patience, particulièrement lors de la finition. Et, des fois, ça ne marche vraiment pas comme on le voudrait…
J’offre donc ici un aperçu des bijoux que j’ai créé lors de mes deux premières sessions. Ce n’est pas beaucoup, car il me reste bien des choses à apprendre et que je ne suis pas encore installé pour travailler hors de l’école, mais c’est un début que j’aime bien. Les cours reprennent en septembre; j’augmenterai donc probablement cette page à l’automne.

Six mois
2005-05-16 à 9 h 18
Il y a six mois aujourd’hui qu’Isabelle est décédée. Peut-être est-ce l’anniversaire (ou semi-anniversaire) ou le retour du printemps, ou encore la tâche que je me suis récemment donnée, mais elle me semble plus présente ces derniers jours. J’ai toujours le réflexe de penser qu’elle m’attend lorsque je retourne à la maison. Je suis étrangement (en fait, pas si étrangement, il n’y a pas vraiment d’ordre dans tout ça) retourné de la colère (vivement les meubles à défaire et les crowbars) au déni. Je crois que le déni, plus ou moins conscient ou présent, reste toujours en trame de fond; ce qui n’est pas surprenant puisqu’il s’agit d’un mécanisme de survie : on s’empêche d’être submergé par les émotions en mettant cette information de côté, pour un temps. Et on alterne entre le déni et chacune des autres phases.
Il y a six mois aujourd’hui qu’Isabelle est décédée. Peut-être est-ce l’anniversaire (ou semi-anniversaire) ou le retour du printemps, ou encore la tâche que je me suis récemment donnée, mais elle me semble plus présente ces derniers jours. J’ai toujours le réflexe de penser qu’elle m’attend lorsque je retourne à la maison. Je suis étrangement (en fait, pas si étrangement, il n’y a pas vraiment d’ordre dans tout ça) retourné de la colère (vivement les meubles à défaire et les crowbars) au déni. Je crois que le déni, plus ou moins conscient ou présent, reste toujours en trame de fond; ce qui n’est pas surprenant puisqu’il s’agit d’un mécanisme de survie : on s’empêche d’être submergé par les émotions en mettant cette information de côté, pour un temps. Et on alterne entre le déni et chacune des autres phases.

Célébration de la vie
2005-05-9 à 11 h 21
J’ai passé une bonne partie de la fin de semaine à faire du ménage. En fait, je ne devrais pas parler de «ménage». Il était temps que je me mette à faire le tri des choses d’Isabelle, en particulier dans ce qui était son studio de massage. C’était quelque chose qui m’angoissait depuis plusieurs moi, que je craignais être trop difficile à faire, trop définitif. Mais finalement, ça se passe très bien; il y a une certaine paix là-dedans. Je n’ai pas l’impression que j’efface une partie de la vie d’Isabelle, mais plutôt que je l’intègre, Dur à décrire comme émotion. C’est sûr qu’il y a des fois un petit pincement, par exemple, lorsque je mets ses notes de cours d’impression textile au recyclage, mais je me dis que ce qu’elle a appris dans ces cours reste, non pas dans les notes, mais dans les oeuvres et dans les souvenirs que ses proches partages.
Et je redécouvre des petits trésors, comme ces oeufs « de Pâques » de la veillée du jour de l’an 2001. Petite histoire : le 1er janvier 2000, après quelques festivités, je me suis retrouvé à teindre des œufs (à la manière traditionnelle ukrainienne) chez des amis. Plusieurs mois plus tard, j’ai rencontré Isabelle (d’ailleurs chez ces mêmes amis). Lorsque j’ai su que c’était elle qui avait été à la source première de cet art – ayant initié celui qui a initié celle qui a initié celle qui m’a initié –, nous avons décidé d’instaurer la tradition des œufs du jour de l’an (chez certains, l’œuf est le symbole du renouveau).
Je n’ai pas encore fini ce long ménage; je prends mon temps. Il y a quelque chose d’agréablement thérapeutique dans ces gestes et il me plaît de les savourer. Chaque petite chose que je découvre (et il y en a : Isabelle était de celles qui gardent tout), m’accroche un petit sourire, une larme, un souvenir. Ce n’est pas un ménage, c’est une célébration de sa vie – une vie bien remplie.
Ce qui m’amène à ce petit éloge de la lenteur, en éducation, et dans la vie en générale, sous la plus de François Guité :
La qualité exige du temps. Beaucoup de temps. Pour un travail bien fait, il faut s’y consacrer.
… l’apprentissage aussi exige du temps. Le temps de réfléchir, d’analyser, de partager, de faire des associations, puis de nouvelles découvertes. Le temps de trouver le sens des choses, de cultiver les idées, d’en fouiller les recoins les plus sombres. Le temps de se tromper, de questionner, de chercher, puis de recommencer.
Combien vrai lorsqu’on apprend un métier d’art tel que la joaillerie. Souvent, il ne sert à rien de se presser. Si ça prend une heure, ça prend une heure. (D’accord, en tant qu’étudiant à temps partiel qui plus est, les choses prennent beaucoup plus de temps qu’elle ne le devrait, mais bon, c’est ça l’apprentissage.) Ou lorsqu’on explore la vie d’un cher disparu.
J’ai passé une bonne partie de la fin de semaine à faire du ménage. En fait, je ne devrais pas parler de «ménage». Il était temps que je me mette à faire le tri des choses d’Isabelle, en particulier dans ce qui était son studio de massage. C’était quelque chose qui m’angoissait depuis plusieurs moi, que je craignais être trop difficile à faire, trop définitif. Mais finalement, ça se passe très bien; il y a une certaine paix là-dedans. Je n’ai pas l’impression que j’efface une partie de la vie d’Isabelle, mais plutôt que je l’intègre, Dur à décrire comme émotion. C’est sûr qu’il y a des fois un petit pincement, par exemple, lorsque je mets ses notes de cours d’impression textile au recyclage, mais je me dis que ce qu’elle a appris dans ces cours reste, non pas dans les notes, mais dans les oeuvres et dans les souvenirs que ses proches partages.
Et je redécouvre des petits trésors, comme ces oeufs « de Pâques » de la veillée du jour de l’an 2001. Petite histoire : le 1er janvier 2000, après quelques festivités, je me suis retrouvé à teindre des œufs (à la manière traditionnelle ukrainienne) chez des amis. Plusieurs mois plus tard, j’ai rencontré Isabelle (d’ailleurs chez ces mêmes amis). Lorsque j’ai su que c’était elle qui avait été à la source première de cet art – ayant initié celui qui a initié celle qui a initié celle qui m’a initié –, nous avons décidé d’instaurer la tradition des œufs du jour de l’an (chez certains, l’œuf est le symbole du renouveau).
Je n’ai pas encore fini ce long ménage; je prends mon temps. Il y a quelque chose d’agréablement thérapeutique dans ces gestes et il me plaît de les savourer. Chaque petite chose que je découvre (et il y en a : Isabelle était de celles qui gardent tout), m’accroche un petit sourire, une larme, un souvenir. Ce n’est pas un ménage, c’est une célébration de sa vie – une vie bien remplie.
Ce qui m’amène à ce petit éloge de la lenteur, en éducation, et dans la vie en générale, sous la plus de François Guité :
La qualité exige du temps. Beaucoup de temps. Pour un travail bien fait, il faut s’y consacrer.
… l’apprentissage aussi exige du temps. Le temps de réfléchir, d’analyser, de partager, de faire des associations, puis de nouvelles découvertes. Le temps de trouver le sens des choses, de cultiver les idées, d’en fouiller les recoins les plus sombres. Le temps de se tromper, de questionner, de chercher, puis de recommencer.
Combien vrai lorsqu’on apprend un métier d’art tel que la joaillerie. Souvent, il ne sert à rien de se presser. Si ça prend une heure, ça prend une heure. (D’accord, en tant qu’étudiant à temps partiel qui plus est, les choses prennent beaucoup plus de temps qu’elle ne le devrait, mais bon, c’est ça l’apprentissage.) Ou lorsqu’on explore la vie d’un cher disparu.

Été
2005-04-18 à 13 h 17
Summertime,
And the livin’ is easy
Fish are jumpin’
And the cotton is high
Your daddy’s rich
And your mamma’s good lookin’
So hush little baby
Don’t you cry
One of these mornings
You’re going to rise up singing
Then you’ll spread your wings
And you’ll take to the sky
But till that morning
There’s a’nothing can harm you
With daddy and mamma standing by
Le soleil me rappelle cette chanson, que nous avions d’ailleurs prévu, Isabelle et moi, pour notre mariage. Une douce mélodie, particulièrement sous la voix d’Ella.
Summertime,
And the livin’ is easy
Fish are jumpin’
And the cotton is highYour daddy’s rich
And your mamma’s good lookin’
So hush little baby
Don’t you cryOne of these mornings
You’re going to rise up singing
Then you’ll spread your wings
And you’ll take to the skyBut till that morning
There’s a’nothing can harm you
With daddy and mamma standing by
Le soleil me rappelle cette chanson, que nous avions d’ailleurs prévu, Isabelle et moi, pour notre mariage. Une douce mélodie, particulièrement sous la voix d’Ella.



