Foire aux idées
Une collections d’idées, farfelues ou non

 

Archives de 07/2007

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Fish tacos

2007-07-31 à 19 h 51

« Fish tacos » (tacos au poisson), voilà une expression qu’on n’entend pas trop souvent dans ces nordiques contrées. Encore une invention californienne. J’en ai entendu parlé pour la première fois par ma copine, dont le frère habite San Diego. Évidemment, là-bas, le poisson est frais pêché, et on sait d’où il vient. C’est un bon endroit pour concocter ce genre de cuisine fusion (semblerait que les Mexicains n’ont jamais entendu parlé de ce truc — ou alors il lui donne un tout autre nom).

Il s’agit d’un met qui, bien que relativement simple à préparer, demande une attention particulière. En effet, une bonne partie du succès de cette recette tient à la fraîcheur de deux ingrédients : le poisson, bien sûr, mais également les tortillas. Il ne sert à rien d’essayer avec des tortillas de supermarché; ça ne marchera pas. Il faut y aller avec des tortillas fraîches du jour, directement de la cuisine d’une boulangerie ou d’un restaurant mexicain. (Pour ceux qui seraient intéressés, je prends les miennes au Popocatépetl, sur Bélanger, entre de La Roche et de Normanville.)

Pour le poisson, je prends de la sole, mais j’imagine que d’autres poissons blancs feraient l’affaire.

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Mélodie langagière

2007-07-16 à 16 h 29

D’un point de vue purement phonétique, bien parler une langue, ce n’est pas tant une question de savoir comment prononcer les lettres selon le contexte, mais surtout de bien saisir, et reproduire, la mélodie de la langue; son rythme, ses accents, sa prosodie, quoi. C’est drôle parce que les livres d’enseignement des langues, bien qu’on y indique où placer l’accent, ont tendance à se concentrer plus sur la prononciation des lettres.

Je me souviens avoir entendu des étudiantes pratiquer l’allemand. Une d’elles savait exactement comment chaque lettre et combinaison se prononçait dans quel contexte (par exemple, le fameux ch qui varie selon la voyelle précédente – à part en Schweizerdeutsch, mais ça, c’est une autre histoire). Pourtant, ça sonnait mal. Une autre se trompait systématiquement dans la prononciation, mais avait la bonne mélodie. Et ça sonnait comme de l’allemand et était plus facile à piger.

C’est un concept qui peut s’avérer difficile à saisir pour un Québécois francophone. En effet, le français (à côté de langue comme l’espagnol, l’allemand, le chinois, le hongrois ou même l’anglais) n’a pas une prosodie très riche; la mélodie est relativement monotone, en particulier ici au Québec (surtout dans les grands centres, en région la mélodie est un peu plus accentuée, plus riche). On n’a qu’à écouter un Québécois parler anglais pour s’apercevoir de cet aspect monocorde.

Ma copine a une très bonne oreille pour les langues; elle peut réciter, au son, une comptine bulgare qu’elle vient d’entendre, comme si elle parlait la langue. (Cela vient peut-être du fait que ses parents ont tous deux un
fort accent; imaginez Bela Lugosi et Nico.) Mais elle a toute la misère du monde à débrouiller le français local : elle n’a pas les repères prosodiques que les autres langues lui offrent. Les variétés européennes du français lui posent par contre moins de problèmes.

Pourquoi cette faible mélodie au Québec? Je m’aventurerais à dire que c’est le résultat d’un processus d’homogénéisation enclenché par la venue de colons de diverses régions de la France. Déjà lors de la traversée, il a fallu homogénéiser un tant soit peu le vocabulaire. La même chose s’est peut-être produite avec les accents : se neutralisant pour rendre la diversité pour compréhensible. Cela expliquerait également pourquoi le phénomène est plus flagrant dans les grands centres, où l’afflux de population externe est plus grand.

Bien sûr, Québec et Montréal ne prononcent pas les lettres de la même manière; mais la prosodie est tout aussi monocorde d’un côté que de l’autre.

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De l’insulte

2007-07-6 à 21 h 58

Vous êtes-vous déjà demandé qui décide de ce qui constitue une insulte? Pour ne rester que sur le plan verbal, est-ce celui qui profère l’insulte, ou celui qui la reçoit?
Prenons deux exemples :

  1. On vous traite de « weirdo », appellation dont vous êtes fier; est-ce que, par seule vertu de l’intention de l’insulteur, cela devient une insulte?
  2. Vous voyez un manque de respect dans cette manie qu’ont les jeunes (et moins jeunes) de ne plus vouvoyer; un jeune homme que vous ne connaissez pas vous tutoie : cela vous est insultant, mais est-ce une insulte?

Dans le second cas, on pourrait dire que non, et qu’on peut y remédier facilement en informant l’interlocuteur de notre préférence (il s’agit plus d’une question d’ignorance). Dans le premier, par contre, on peut se sentir insulté par l’intention, peu importe le terme. Mais si on ne l’est pas, l’insulte peut se retourner contre l’insulteur, si on choisit de la prendre comme un compliment, ce qui devient insultant.

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De la voix à l’image

2007-07-2 à 19 h 41

Jeudi prochain (le 5 juillet) à 10 h 30, le laboratoire de Recherche appliquée en linguistique informatique (RALI) nous offre ce qui promet d’être une intéressante présentation d’Elliott Macklovitch et Fabrizio Gotti :

Nous présenterons IdeoVoice II, un projet de collaboration entre la société Oralys et le RALI visant le développement d’un outil d’aide à la communication destiné aux personnes éprouvant certains handicaps (autisme, problèmes d’audition). Nous exposerons le moteur de traduction que nous avons développé, qui convertit les phrases françaises d’un interlocuteur en une suite de pictogrammes compréhensibles par une personne handicapée. Nous ferons une démonstration de ce moteur et mettrons l’accent sur les défis de représentation graphique de certaines constructions grammaticales françaises.

Oralys a déjà mis sur le marché IdeoVoice (I), une application qui « propose un ensemble de phrases préenregistrées, regroupées par contexte et symbolisées par des pictogrammes ». Je n’avais jamais entendu parlé de cette application et je ne sais pas quel en est le succès, mais j’imagine qu’elle pourrait grandement aider quelqu’un frappé d’aphasie, ou une personne muette. Une application issue de ce nouveau projet, bien utilisée, pourrait être d’un grand secours dans l’éducation d’enfants autistes qui ont de la difficulté à saisir la langue.

Ça promet.