Foire aux idées
Une collections d’idées, farfelues ou non

 

Archives de 06/2007

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In memoriam

2007-06-28 à 12 h 13

Deux de mes amies viennent de perdre leur mère, Ann Kampmeier Qualman, charmante dame qui a eu une vie des plus remplies. Tant et tellement que la portion souvenirs photographiques des préparatifs funéraires a donné du fil à retordre. Une de ses filles me confiait qu’elle se rendait compte qu’en quelque 35 ans, il y avait tant de choses qu’elle n’avait pas eu l’occasion d’apprendre sur sa mère, tant de souvenirs qu’elle n’avait pu entendre raconter.

Lorsqu’un proche meurt, on devient le seul dépositaire de tous les souvenirs communs avec cette personne; on peut les raconter, mais on demeure le seul les ayant vécus. Et il y en a tant qu’on ne partage pas. On des rites funèbres consiste d’ailleurs à partager certains de ces souvenirs désormais orphelins. Mais combien s’évanouissent lorsque, pour reprendre le mot d’Amadou Hampaté Bâ, la bibliothèque brûle? Bien sûr, on peut parfois reconstituer ces souvenirs en parlant avec les personnes qui ont connu le disparu; mais, déjà à mon jeune âge, j’ai pu constater certaines fictions flottant çà et là à mon sujet. Non pas intentionnelles, mais souvent tissées de fausses déductions et de malentendus.

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Oh, joie!

2007-06-26 à 14 h 39

Je reviens de Toronto où, assez coïncidentalement, se tenait en fin de semaine le plus gros party de l’année (eh non, ce n’était pas la St-Jean, mais plutôt Pride). Peut-être m’étais-je moins promené dans le centre-ville la dernière fois, mais il m’a semblé qu’une multitude d’écrans géants s’était emparée des immeubles. Et qu’apprends-je dans les pages du Devoir ce matin? Que l’arrondissement Ville-Marie s’apprête à autoriser l’installation, sur le 1200, McGill, d’un écran électronique géant avec publicités, vidéos et messages qui défilent. Question de faire un peu plus d’argent sur le dos de l’environnement visuel.

Times Square

Pour ceux qui ne le savent pas, voici à quoi ressemble Times Square, à New York. Oui, ça met de la vie. D’une certaine façon. Ça met surtout de l’encombrement visuel et un certain stress au chapitre de l’attention. Ça en enlève à ce qui fait le charme de Montréal, une ville vibrante, où il se passe toujours quelque chose, sans tomber dans le clinquant. Sans avoir recours à des accessoires.

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Apologie de la lenteur

2007-06-20 à 12 h 53

Dans une vie antérieure, au service de mon gouvernement, il me souviens une discussion sur l’avantage qu’il y a parfois à devoir prendre plus de temps pour faire quelque chose. La source de cette discussion était, si je ne m’abuse, la question des causes de la défaillance du Mars Climate Orbiter qui, aux dires de certains à l’époque, tenait au fait que certaines données étaient métriques et d’autres impériales. Je me disais que, si les calculs avaient pris plus de temps, il y aurait peut-être eu quelqu’un pour découvrir le problème.

Lorsque tout se fait rapidement, il risque d’erreur n’augmente pas nécessairement, j’en conviens; même que c’est parfois le contraire. Mais une chose est sure : l’inspiration diminue. Il manque parfois de temps pour réellement se pencher sur ce que l’on fait. On fonctionne sur l’automatique. Bien sûr, on est plus productif, mais moins créatif. Voyez, par exemple, comment le montage d’un film crée l’ambiance de nos jours, comparativement à avant l’avènement du montage non linéaire (en plus du fait que les monteurs utilisent maintenant des versions vidéo du film, au lieu de la pellicule, enlevant du coup une certaine épaisseur).

Prenons, par exemple, la vaisselle (d’accord, je n’ai pas d’enfant); le gros problème avec la vaisselle, c’est l’attitude adoptée. Oui, c’est barbant, mais justement il s’agit d’une activité qui ne demande aucune réflexion, tout en faisant aller certains membres du corps dans une danse répétitive, sur fond d’eau. Quoi de mieux pour méditer (au lieu de faire le zombie devant une télévision souvent tout aussi barbante).

Une des principales leçons des cours de joaillerie que je suivais jadis était la patience. Parfois, ça prend du temps et ça ne sert absolument à rien de se presser – qu’à commettre des erreurs. Cette épreuve de patience renforce, d’une part, la concentration – lorsqu’il faut être méticuleux – et, d’autre part, donne le temps de penser à d’autres créations – lorsqu’on ne peut qu’attendre.

Prendre son temps permet également de voir plus, voire mieux. D’être attentif à ce qui nous entoure. En allant à New York en train au lieu de prendre l’avion, non seulement j’économisais drôlement, mais je me payais de plus une visite des paysages de la Nouvelle-Angleterre. Dans notre monde actuel, il serait peut-être bien de prendre exemple sur Hamilton voiture-de-course et réapprendre la valeur du temps.

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Première page

2007-06-18 à 14 h 45

J’ai décidé, après plus d’un an et demi, de revamper la page couverture de mon site. Elle est, bien sûr, encore en développement; elle demande d’ailleurs des interventions plus fréquente de ma part (c’est ma façon d’essayer de me pousser dans le cul un peu pour écrire plus souvent).

Autre nouvelle : mes photos de New York sont maintenant en ligne (ne reste qu’à les identifier…)

Dans un tout autre ordre d’idée, entendu hier, à la terasse de la Belle Province : « Le téléphone n’arrêtait pas de dérougir! »

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Chat l’aveugle

2007-06-15 à 12 h 13

[insert witty title] a lancé un drôle de petit défi, qui a déjà recueilli des centaines d’images : the blind cat challenge. L’idée est des plus simples : fermer les yeux (ou les bander) et dessiner un chat. Voici donc ma maigre contribution.

Mon chat

Pas si pire, à part la tête allongée…

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Informatique en commun

2007-06-12 à 15 h 08

Le gouvernement lancera un projet pilote visant à remplacer les ordinateurs de maison par des terminaux utilisant des applications en ligne.

Details are still fuzzy, but the basic idea is to replace PCs in tens or hundreds of households with simple access points, perhaps in TV-top boxes, and establish a system of central servers to do all the hard work. The aim is to do away with redundant computing power by delivering processing power and storage as a commodity from a central source, the same way that electricity is distributed by a national grid.

Selon le Green Shift Taskforce, l’ordinateur de maison moyen n’est utilisé qu’à 5 % de ses capacités. Il y a une évidente consommation inutile d’énergie. Le résultat, entre autres, d’années d’empilage d’obésiciels (bloatware).

Certaines initiatives de calcul intensif distribué, comme SETI@home avait d’ailleurs déjà puisé à cette ressource inutilisée. Le projet pilote britannique vise l’opposé : au lieu de tirer profit d’une ressource grossièrement sous-utilisée, ils cherchent à réduire la ressource à la base.

C’est un peu comme la différence entre le covoiturage et le transport en commun : le covoiturage tire parti du fait que la majorité des automobilistes sont seuls dans leur voiture pour y embarquer d’autres passagers. Le transport en commun vise plutôt la source : l’usager n’a pas besoin de voiture.

Via Nature

[Mise à jour, 13 juin] Pour d’autres commentaires, voir (anglais seulement) Nature Newsblog.

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Horrible

2007-06-11 à 12 h 59

Il y avait longtemps que je n’avais entendu quelque chose de si horrible. Mais des fois, on n’a pas le choix, parce que c’est ce qui joue dans le commerce dans lequel on se trouve. Je parle de la version Céline Dion de la chanson « Oxygène ». Insupportable. Il a même fallu que je sorte de là.

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Questions existentielles

2007-06-8 à 10 h 43

L’autre jour, à Découverte, il était question d’un groupe d’arbres, dans les Andes, je crois, qui poussaient depuis plus de 5 000 ans. Les plus vieux êtres vivants sur terre, aux dires du narrateur. 5 000 ans, c’est long. Mais sont-ce vraiment les plus vieux êtres vivants?

J’imagine que ça dépend de comment on voit les choses. Je m’explique : prenons les amibes – ou n’importe quel protozoaire –, celle-ci se reproduit par fission binaire : elle se sépare en deux et, en quelque sorte, devient ses propres enfants. En quelque sorte, dis-je, puisqu’il ne s’agit pas d’une progéniture, puisque ces deux organismes sont elle-même.

Dans ces conditions, est-ce qu’une amibe peut mourir? Des versions d’elle meurent, mais d’autres survivent. Du moment qu’un seul « descendant » survit, elle survit en lui – non pas métaphoriquement, mais, à moins qu’il n’y ait mutation (et encore là), réellement. Ce n’est pas comme nos parents qui survivent en nous, de par leur code génétique et la cellule originale; non, l’amibe est tout en ses descendants. La notion de mort, dans de telles circonstances, prend un autre aspect, tout comme la notion d’identité : un descendant n’est pas la même amibe que sa sœur, mais les deux sont leur mère.

On me dira qu’après un certain temps, toutes les molécules se sont probablement renouvelées, mais si on changeait, petit à petit, toutes les molécules d’un chat, par exemple, ce serait toujours le même chat, en tant qu’être, s’entend.

Donc, quand on y pense, il y a une quantité incroyable d’organismes plus que millénaires. Mais peut-on parler d’êtres vivants?