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Je ne bouge pas

2006-07-2 à 1 h 22

En décembre dernier, j’ai reçu un avis de reprise de logement, indiquant que la propriétaire voulait y loger à partir de juillet prochain, après la fin de mon bail. J’avais, quelques mois au paravant, refusé une augmentation (les raisons qu’elle offrait pour l’augmentation étant falacieuses), je me suis donc dit qu’elle voulait probablement le reprendre pour augmenter le loyer; j’ai donc décidé de refuser la reprise. Selon la loi, le locataire a un mois à partir de la réception de l’avis, pour donner sa réponse. À défaut de quoi, il est réputé refuser (contrairement à plusieurs cas). Je n’ai donc rien répondu.

Une semaine après l’échéance, je reçois un coup de fil de la proprio: elle m’offre 500 $ (même pas de quoi payer le déménagement) si je pars un mois plus tôt — parce qu’elle voudrait faire un peu de travaux dans le logement avant d’y emménager. Ce la me semble louche, je reste donc flou dans mes intentions, voulant voir où elle ira avec ça. On convient qu’elle me rappellera plus tard pour qu’on en reparle. Puis je n’ai plus de novelles.

Un mois plus tard, à l’échéance du droit d’action du propriétaire, je n’ai toujours pas reçu d’avis comme quoi elle a sais la Régie du logement de l’affaire de reprise. Je laisse le temps passer. Fin mars, toujours pas de nouvelles, ni d’avis de renouvellement de bail; j’appelle donc pour lui demander ce qui se passe. Elle tombe des nues, elle était sûr que j’avais l’intention de partir.

Elle trouve ça embêtant parce qu’elle aurait préféré déménager cette année: il lui reste un an avant la retraite et elle est tannée de prendre le pont (elle habite la rive-sud) pour venir travailler à Montréal

En fait, elle aurait demander la reprise l’an dernier, mais me sachant en deuil, elle préférait attendre un an. Petits problèmes avec ça: 1) au moment où elle m’aurait envoyé l’avis, elle n’était pas au courant du décès d’Isabelle; 2) deux de ses appartements, dont celui en haut du miens, se sont libérés au cours de l’année, elle aurait donc pu y emménager.

Elle me dit à quelques reprises être de bonne foi et qu’on peut négocier quelque chose si je part un ou deux mois plus tard. Elle dit ne pas trop être au courant des démarches auprès de la Régie (elle n’y fait jamais appel), mais elle parle comme si elle était dans son droit d’emménager en juillet. Elle dit qu’elle va communiquer avec la Régie pour voir ce qu’elle doit faire.

Une semaine passe, puis une autre.

Puis un jour, vers l’heure du souper, un agent immobilier vient faire visiter le bloc à des acheteurs potentiels! Il appert que l’immeuble est listé depuis le 20 janvier (soit la date limite pour où je devais donner ma réponse à l’avis de reprise)! Qui plus est, il est dit dans l’annonce qu’il s’agit d’une occupation double : l’appart d’en haut le libèrerait avec un avis court, le mien serait libre le 1er juillet…

Une amie agente immobilier, communique avec celui de la proprio à propos des logements potentiellement libres. L’histoire qu’il lui raconte (qui est probablement ce que la proprio lui a dit) c’est que la proprio et son mari voulaient reprendre le logement pour se rapprocher de leurs enfants, mais finalement ils ont décidé de se construire à la place; le locataire du 2e (moi) avait accepté de partir mais quand il a su qu’ils vendaient, il a décidé de contester. Belle histoire…

Selon les dires de l’agent (qui n’a jamais pris la peine de vérifier les informations fournies par son client, ce qu’il est légalement tenu de faire, étant responsable de la véracité de l’offre de vente), elle s’apprètait à me faire un offre monétaire pour que je me pousse. J’ai hâte de voir ça, vu ce qu’elle m’avais offert précédemment. Encore une fois, les jours, les semaines passent.

Elle me laisse un message sur mon répondeur, puis moi sur le sien. Puis rien. Une histoire à suivre. Une histoire de mauvaise foi.

Puis, il y a deux semaines, elle me rappelle (répondeur), disant qu’elle s’est rendu compte qu’il n’y a pas de démarche qu’elle peut faire, mais elle aimerais me rencontrer pour qu’on discute de possibilités Aucune mention de la vente. Je la laisse poiroter quelques jours, puis lui laisse un message disant qu’il n’est pas pratique pour moi de déménager cette année.

Je n’ai pas eu de nouvelles depuis. L’immeuble, n’est plus en vente. A-t-il été vendu? A-t-elle retiré l’offre de vente? C’est à voir.

Au moins, pour moi, ça n’a pas été hier jour de déménagement!

2 commentaires à “Je ne bouge pas”

  1. Quand tu deviens propriétaire, la première chose que tu apprends c’est que t’as pas tant de pouvoir que ça… encore moins quand on est de mauvaise foi. La régie protège davantage le locataire et c’est tant mieux. La régie autorise la reprise de l’appart si (réellement) le propriétaire (ou sa famille proche) décide d’y aménager.

    Un proprétaire de bonne foi n’aurait eu aucun mal à réussir la reprise et, surtout, se serait vachement plus préoccupé de s’assurer que tout est en ordre avant d’enménager (de la même manière qu’un locataire s’assure de signer un bail avant d’emménager)…


  2. Mise à jour: la propriétaire m’a appelé cette semaine pour négocier l’augmentation, parce que on n’avait pas pu le faire avant “à cause d’un malentendu”. Elle ajoute que ce n’ai plus un problème si je ne pars pas cette année car elle n’a pas réussi à vendre sa maison à Brossard (qui n’a d’ailleurs jamais été en vente) et n’a pas à déménager…
    Elle continue sa fable.

    C’est tout à fait vrai que, ayant été de bonne foi, elle n’aurait eu aucune difficulté à reprendre l’appartement; et j’aurais compris: c’est un bel appart, bien situé (bien qu’elle en a un autre aussi beau, plus grand, avec garage et sous-sol, qu’on peut voir dans La vie, la vie). J’ai l’impression qu’elle comptait sur le fait que je ne connaissais pas mes droit.

    Comme faisait remarqué une amie (presqu’aussi cynique que moi), “si t’es pour être de mauvaise foi, arrange-toi pour être dans ton droit”.


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