Foire aux idées
Une collections d’idées, farfelues ou non

 

Archives de 08/2005

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Web sémantique

2005-08-19 à 8 h 55

Pour ce que le Web sémantique intéresse (et qui ne seraient pas au courant) :
le Symposium canadien sur le Web sémantique 2006 (en conjonction avec la Canadian AI 2006) se tiendra le 6 juin 2006 à l’Université Laval (nom qui, contrairement à ce que pensent les organisateurs, ne se traduit pas).

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Sortez-moi de moi

2005-08-16 à 10 h 29

Curieux, le chagrin. Le plus authentique des chagrins se défend contre lui-même en faisant des phrases. C’est cela, peut-être, la nécessité littéraire, ce besoin vital d’écrire autour…

Je viens de lire ce passage de Pennac (Messieurs les enfants). En fait, ça va et ça vient. Au début, ma plume s’est tarie. Puis j’ai puisé dans l’espoir, dans le legs d’Isabelle. Mais, ces temps-ci, il m’est difficile d’écrire, il m’est difficile de m’arrêter pour penser. Il y a un an, la vie commençait à s’effondrer. Et aujourd’hui, je peux travailler, me divertir, lire, être avec des amis, mais je ne peux m’arrêter pour penser, écrire. Outre que de penser pour remplir ma tête. De peur que la perte ne me rentre dedans.

Je me retire donc, pour un temps, de la blogosphère (à part le petit commentaire çà et là).

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Clefs de recherche

2005-08-12 à 15 h 16

Il m’est arrivé quelque chose de drôle l’autre semaine. Après avoir « googlé » une de ces personnes que je n’ai pas vues de depuis des lustres, et que j’ai retrouvé à l’université de San Diego, je me suis rendu compte, en regardant le journal de visites de mon site, qu’elle avait probablement fait de même deux jours plus tard (en tout cas, quelqu’un de cette université qui sait que je suis linguiste).

Lors de ce même tour des visites, j’ai trouvé une clef de recherche Google des plus surprenantes :

Many changes in the phonological system have occurred in English since 449 C.E. Below are some Old English words (given their spelling and phonetic forms), and the same word as we pronounce them today. They are typical of regular sound changes that took pla[ce]

Mais, une des histoires les plus intéressantes concernant ce moteur de recherche reste celle que me comptait une amie cet hiver. Un de ses amis (que j’ai d’ailleurs déjà rencontré) discute, lors d’une soirée, avec quelqu’un qui lui dit qu’il a récemment fait un egosearch (chercher son propre nom) et s’est trouvé des références à ses travaux académiques. Notre ami dit qu’il devrait essayer ça, sur quoi son interlocuteur lui fait remarquer qu’il file la bohème depuis près de 20 ans, donc qu’il y a peu de chance qu’on parle de lui sur un site Web. C’est vrai. Mais, intrigué, il cherche son nom, et le trouve. On parle de lui.

En fait, il n’a rien fait de « remarquable » ces 20 dernières années, mais avant ça, il a enregistré plusieurs chansons, du temps qu’il vivait à Londres. Il découvre qu’il a des fan-clubs en Corée et au Japon (les années 80 ont la cote semble-t-il par là-bas). Non seulement ça, mais on se demande ce qu’il est devenu. On souhaite qu’il refasse surface. Il communique avec son ancien agent, qui a été contacté par certains promoteurs. Quelques mois plus tard, il part en tournée et prépare un nouvel album…

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Du filtrage démocratique

2005-08-12 à 14 h 52

Idées à peine fricotées au sujet de la démocratie et du filtrage…

Deux billets lus cette semaine ( Le problème du filtrage de l’information sur Internet et The Great Failure of Wikipedia) ont alimenté certaines réflexions sur la démocratie et l’information. J’ai déjà parlé de l’amnésie généralisée vis-à-vis des volontés exprimées et de la vision politique de Charest. À la veille des élections, le public tire son information principalement des médias qui, outre tout scandale qui pourrait surgir, régurgitent les discours des politiciens. Peu de gens font l’effort de se renseigner plus à fond, voire de se souvenir. Et, de toute façon, on se base rarement sur la réflexion pour faire un choix, mais plutôt sur les intérêts immédiats.

Le rapport avec le filtrage collaboratif et Wikipedia? Mince; il tient d’un autre phénomène de la démocratie : le nivellement (par le milieu). Je n’ai pas (encore) collaboré à Wikipedia, mais je n’ai pas de difficulté à croire X lorsqu’il parle de l’information éliminée (entre autres, par désir de « neutralité »). Ce qui sort du paradigme (selon définition de Kuhn) aura de la difficulté à survivre. Vous me direz que ce n’est là le but de Wikipedia. Certes, mais dans ce cas, le paradigme est établi par M. Tout-le-Monde et celui qui a étudié la question plus à fond (dans une structure officielle ou non) aura beaucoup plus de difficulté à défendre sa position devant un jury de non-pairs, et ce, à répétition.

(On peut d’ailleurs en faire l’expérience dans la vie quotidienne. Je me souviens d’avoir à quelques reprises eu à défendre des faits linguistiques que mon interlocuteur refusait, convaincu qu’il avait raison – parce que « c’est évident » [d’un autre côté, c’est « évident » que le Soleil tourne autour de la Terre], ou que tout le monde le dit. Je dois avouer que 1) j’ai la malencontreuse habitude d’énoncer des conclusions pour ensuite présenter les faits ou l’argumentation et 2) je n’aime vraiment pas m’appuyer sur un diplôme pour défendre mon point, alors l’interlocuteur ne sait pas toujours que je m’y connais un peu plus.)

Il doit donc y avoir certains mécanismes pour minimiser l’impact de ce phénomène. Dans le cas du filtrage collaboratif, cela peut facilement procéder de la nature de la communauté elle-même : en font partie ceux qui apportent une expertise ou un point de vue réfléchi. Il y a également la transparence du processus (comme dans les historiques de modifications des pages de Wikipedia), qui aide à réduire la « dictature de la majorité ».

L’idée du filtrage collaboratif n’est nullement à condamner; mais il faut y voir les limitations et trouver des mécanismes pour y pallier. Le filtrage collaboratif n’est pas parfait, le peer review non plus (un récent billet sur Language Log présente d’ailleurs un article scientifique, ayant passé par ce système de filtrage, mais où les conclusions ne sont pas vraiment soutenues par les données). Aussi bien trouver les moyens d’améliorer la qualité du processus alors qu’il est à ses premiers pas.

Quant au système électoral, le mécanisme palliatif est simple, si impensable : puisque la nature de la démocratie est la participation éclairée de tous les citoyens, il s’agit de s’assurer que ceux-ci savent pour quoi ils votent. Par plus d’information, oui, bien sûr, et l’avènement des blogues contribue à ce processus. Mais aussi par vérification (contrôle de la qualité, dirait les buzzwordeux) : il s’agit de poser une ou deux questions simples à l’entrée des bureaux de vote. Du genre « Qu’est-ce que l’UFP? » ou « Que faisait Charest avant d’être chef du PLQ? ».

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Rétro-influence

2005-08-4 à 10 h 35

Dans un récent article dans le NY Times, Richard A. Posner nous offre son opinion sur le déclin de la crédibilité des médias traditionnels. Le passage suivant est un exemple de la rigueur de son analyse :

A survey by the National Opinion Research Center finds that the public’s confidence in the press declined from about 85 percent in 1973 to 59 percent in 2002, with most of the decline occurring since 1991. Over both the longer and the shorter period, there was little change in public confidence in other major institutions. So it seems there are special factors eroding trust in the news industry. One is that the blogs have exposed errors by the mainstream media that might otherwise have gone undiscovered or received less publicity. Another is that competition by the blogs, as well as by the other new media, has pushed the established media to get their stories out faster, which has placed pressure on them to cut corners. So while the blogosphere is a marvelous system for prompt error correction, it is not clear whether its net effect is to reduce the amount of error in the media as a whole. (page 6)

En effet, les blogues sont si puissants qu’ils ont pu avoir un impact important avant que le public en entende parler, que dis-je, voire avant même leur apparition…

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Des outils

2005-08-3 à 11 h 38

Outils

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Du souffle

2005-08-1 à 12 h 30

Ça en prend, du souffle. Surtout quand on n’est pas habitué, et qu’on de chauffe pas assez le verre. La première journée, je n’avais pas soufflé comme tel. J’ai appris à « flasher » (pas dans le sens d’avoir l’air hot, mais plutôt de réchauffer juste assez l’objet en devenir pour permettre à l’artiste de le travailler) et faire quelques manœuvres de base. Christina travaillait alors sur des pommes :
Pommes de verre

Après avoir assisté, j’ai appris à cueillir le verre en fusion
Cueillir le verre

le colorer,
Colorer le verre

et le modeler vaguement. Une chose essentielle quand on travaille dans l’atelier : boire régulièrement. Avec une fournaise à 1120 degrés (pour le verre en fusion) et un four de réchaud (ou glory hole) un peu plus élevé, on se déshydrate assez vite.
Glory hole
Christina au Glory hole

Deuxième jour, j’ai appris à faire un pontil (avec les cannes ci-dessous), un peu de verre au bout d’une canne pour saisir un objet de l’autre côté. Ensuite, j’ai soufflé ma première bulle de verre. Je l’ai travaillé un peu. Ça s’est avéré un champignon (image à venir).
Cannes

Après ça, ça fait du bien d’être dehors.
La ferme

L’atelier est éteint pour quelques jours, le temps d’un salon; après ça, vous pouvez être sûrs que je vais m’y remettre.

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Manqués?

2005-08-1 à 9 h 28

Je ne porte pas beaucoup attention à l’actualité ces derniers temps, mais il y a quelque chose qui me frappe chaque fois que j’entends parler de la seconde vague d’attentat à Londres : les médias parlent presque toujours (comme à la première page du Devoir d’aujourd’hui) des « Attentats manqués ».

Comment ça, manqués? Parce que les bombes n’étaient pas assez puissantes pour faire des victimes? Dois-je rappeler que le but premier du terrorisme est de semer la terreur, et non de faire des victimes (bien que le fait de tuer le plus de gens possible est l’instrument de choix). Dans ce sens, les attentats sont loin d’être ratés. Au contraire, ils ont prouvé que la sécurité n’avait pas été (assez) améliorée. Que le réseau de transport en commun est toujours aussi vulnérable. Ce qui, je crois, était le but de l’exercice.

Bien sûr, les médias (sous l’impulsion du gouvernement) utilisent probablement cette expression pour rassurer les gens. « Voyez : les terroristes ne sont pas toujours efficaces. »