Foire aux idées
Une collections d’idées, farfelues ou non

 

Archives de 06/2005

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des et des

2005-06-21 à 8 h 52

Un communiqué du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada nous indique que « La plupart des Canadiennes et des Canadiens exigent de pouvoir donner un consentement éclairé au partage transfrontalier de leurs renseignements personnels ».

J’aimerais dire que je suis de ceux-ci, mais avec un bémol linguistique. Lorsqu’on parle d’un groupe comprenant des femmes et des hommes, et que ceux-ci ne sont pas en opposition, on ne répète pas l’article. Il aurait fallu dire « La plupart des Canadiennes et Canadiens exigent … ». C’est comme le nom du parti du maire Tremblay : l’Union des citoyens et des citoyennes de l’Île de Montréal, à mes oreilles, on unit les citoyens avec les citoyennes. Je n’ai rien contre ça, mais je ne crois pas que ça soit le propos du parti (bien que je puisse me tromper). Prenons, par exemple, la différence entre « Les étudiants et les professeurs se sont battus. » et « Les étudiants et professeurs se sont battu. » L’interprétation de la première phrase penche vers un combat entre les étudiants d’un côté et les professeurs de l’autre; la deuxième semble indiquer que les deux sont montés ensemble aux barricades.

Désolé, c’est une de ces erreurs qui me hérissent.

Via Jots :: francoisguite

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Non réduction

2005-06-13 à 14 h 34

Un article dans la revue Nature présente des statistiques intéressantes sur l’incidence de maladies mentales aux États-Unis. Mais plus intéressant est la façon d’en parler :

The researchers involved say they also found that treatment is hard to get, and often not sufficient when available. They estimate that only about a third of those in care receive “minimally adequate treatment”, such as the appropriate drugs or a few hours of therapy over a period of several months.

The definition of disorders used by the study was quite broad. (…) Such a wide net may not be any use in determining who needs medication or treatment

Insel hopes that progress will be made in finding biological markers that can help distinguish children who are simply shy or have a quick temper from those whose difficulties are likely to degenerate into illness. Perhaps this could be done through an analysis of genes or brain scans, he suggests.

Qui a-t-il qui me semble si intéressant dans tout ça? Le biais physiologique/génétique. Comprenez-moi bien, j’aimerais qu’on découvre une façon de voir qui est plus à risque qu’un autre de développer une maladie, et je sais qu’il existe plusieurs médicamment qui font réellement du bien. Mais de la façon qu’ils en parlent, la pillule est toujours la première éventualité et la façon de déterminer les risques est en regardant la physiologie, et non l’environnement. Et c’est ce réductionnisme qui m’agace.

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De la bûche au bloc

2005-06-13 à 10 h 23

Un récent billet de Martin, ainsi que le commentaire de Natalie Gauthier sur mon billet concernant l’adoption de « bloc-note » comme traduction officielle française de blog, m’inspire à prendre une perceptive linguistique.

Mme Gauthier cite le Larousse : « petit cahier de poche servant à inscrire des notes, des comptes, des adresses, etc. » Bien sûr, la définition, comme toute définition, est un peu limitée. Grosso modo, on peut dire qu’il s’agit d’un recueil de données, de diverses natures selon le type de carnet, ou encore, un assemblage de feuillets (comme un carnet de chèque ou de croquis). Par exemple, un carnet peut servir à relater les observations journalières faites par un expert au long d’un projet (par exemple, un carnet de sondage). En ce sens, il est plus près de la chronique que ce que laisse entendre la définition citée; bien que chronique soit, stricto sensu, plus appropriée à traduire blogue.

Mais les mots développent des acceptions qui vont parfois très loin de leur sens lexicographié. Prenons, par exemple, log en anglais. Au sens strict, il s’agissait d’une bûche. Plus particulièrement, c’était, sur un navire, une bûche attachée au bout d’une corde sur laquelle on trouvait une série de noeuds à distance fixe. On jetait la bûche par-dessus bord (l’autre extrémité de la corde étant bien fixée) à la poupe. Dépendant de la vitesse du vaisseau, la corde était plus ou moins à angle et laissait paraître un certain nombre de noeuds, donnant la vitesse (en noeuds, bien sûr). Les Anglais l’appelaient la bûche du capitaine, “Captain’s log”. On notait à quelle vitesse filait le navire, pendant combien de temps et dans quelle direction, ce qui permettait d’avoir une idée de la position (entre deux observations célestes). Voilà, initialement, les données qu’on pouvait retrouver dans le carnet de bord. Assez vite, celui-ci fut agrémenté de commentaire du capitaine, et le “Captain’s log” devint un journal de bord.

En lisant le billet de Martin, on a l’impression qu’un peu la même chose est arrivée pour passer du Weblog au blogue. D’un carnet de données techniques à un journal personnel-public.

Mais cette histoire permet de voir qu’il ne faut pas rejeter un mot parce que sont acception habituelle ou sa définition « officielle » ne semble pas inclure le nouveau sens qu’on lui adjoint. Bien sûr, dans le cas de log, l’évolution est trop loin pour poser problème. En fait, il ne s’agit plus d’une utilisation métonymique, ou une polysémie, mais bien une homonymie.

Dans le cas de carnet, on peut y voir une extension du sens d’objet dans lequel on inscrit les observations. Le mot conserve un aspect personnel que « chronique » n’a pas. Les chroniques, à l’origine, notaient les événements au fil du temps (du genre « Aujourd’hui, il n’est rien arrivé de particulier » ou « En cette année, les Normands ont envahi le pays »). Au 19e siècle, le terme a développé le sens que l’on retrouve dans la presse, celle d’un article qui traite, régulièrement, d’un ensemble de sujets spécifiques, sens qui rend relativement bien l’idée de blogue, enfin, d’un certain type de blogue (en effet, la chronique n’est pas le lieu des idées à demi mijotées).

En fait, selon la personne, la perspective adoptée, le sujet abordé, le blogue oscille entre chronique et carnet, souvent dans le même espace, comme cette Foire aux idées. C’est peut-être pour ça que je l’ai nommée ainsi, pour ne pas enfermer dans un cadre lexicalisé.

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De l’enregistrement

2005-06-12 à 17 h 30

Un très intéressant billet de David Byrne concernant les effets qu’on eu l’enregistrement sur la musique :

What does that mean for music? For one thing it means there’s a lot more of it. Music is now everywhere. It’s not a special event to hear music as it once was. It’s a constant background, sometimes anyway, like air. Sometimes smelly, sometimes hot, sometimes fresh and clean. You like it, maybe you need it, but you also can’t escape it.

In this way the easy access to and ubiquity of music is oppressive. It often feels like a passive aggressive assault. I’d pay extra for silence.

…people now often think of music as something you buy, that you possess and consume — rather than something you experience and possibly even make yourself…

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Quand l’art change la ville

2005-06-10 à 14 h 44

À la mi-août 2004, la compagnie de danse Coleman Lemieux & Compagnie organisait l’événement de danse Grasslands “Where Heaven Meets Earth” dans le Parc national Grasslands à Val Marie en Saskatchewan. Une fin de semaine de danse dans une petite ville de 140 habitants. Les danseurs ont investi le parc national, la piste de curling, l’Hôtel Val Marie; on a pu y voir, entre autres, Margie Gillis danser pieds nus sur la grand-route. Des centaines de résidents de toute la région ont pris part à l’évément.

Près d’un an plus tard, l’ancien maire écrit à Bill Coleman pour lui faire par de l’impact que l’événement a eu sur le petit village:

It is very difficult to put a finger on what exactly happened - maybe it was the energy that the dancers brought to the village - this may sound a bit off the wall, but something happened that has changed this town for the better

Petit à petit, l’art peut changer des vies.

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Du courage

2005-06-10 à 9 h 09

À lire aujourd’hui dans Le Devoir la chronique de Josée Blanchette. Elle y parle de mort annoncée et de survie. Elle cite Pierre Monette, dont la conjointe est décédée du cancer :

Tous ces gens qui nous parlent de courage, qui nous souhaitent du courage, qui s’étonnent de notre courage, qui l’admirent! Courage n’est pas le mot qui convient. Avoir du courage, c’est choisir d’affronter quelque chose. Diane et moi n’avons pas le choix. Faute de meilleur mot, c’est “devoir” qui me vient à l’esprit. Le devoir dans son acception le plus noble; pas comme contrainte, obligation, ce qu’on se voit forcé de faire malgré soi, non : le devoir comme acceptation de ce qu’on a à faire, de ce qu’on doit faire, de ce qu’on se doit de faire, indépendamment du fait qu’on soit ou non obligé de le faire.

Je n’aurais jamais pu mieux le dire. J’ai toujours apprécié l’écriture de Pierre Monette. D’ailleurs, j’avais prévu donner un de ses recueils à Isabelle, s’il en avait été autrement. Non, ce n’est pas du courage. En fait, devant une telle douleur, nous faisons tous (à notre façon, il va sans dire) ce que nous pouvons, c’est tout, c’est bien assez.

Demain, le 11 juin 2005, nous nous serions mariés. Je ne sais pas ce que la journée me réserve; ce sera peut-être comme faire le ménage dans les affaires d’Isabelle : l’anticipation qui est pire que le moment lui-même. IL y en aura pour me parler de courage, mais il y en aura surtout pour tout simplement faire ce qu’ils peuvent : être là.

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Tuer la présentation

2005-06-9 à 14 h 04

Excellent billet de Creating Passionate Users, sur l’omniprésence néfaste des PowerPoint dans les présentations.

Sometimes the best presentation is… no presentation. Ditch the slides completely. Put the projector in the closet, roll the screen back up, and turn the damn lights back on!

Especially if the slides are bullet points. Or worse… paragraphs.

Il s’agit d’un de ces réflexes tellement ancrés qu’il est presque impossible pour plusieurs de s’en défaire. Il y a une équation présentation = PowerPoint qui nuit plus souvent qu’autrement. En fait, même lorsqu’il s’agit de préparer un document d’accompagnement (hand-out), les gens se tournent habituellement vers PP, même si l’outil est, en fin de compte, plutôt mal adapté à la tâche.

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Philtre de confiance

2005-06-6 à 16 h 32

Lu aujourd’hui dans Nature :

Researchers have produced a potion that, when sniffed, makes people more likely to give their cash to someone to look after.

A Swiss-led research team tested their creation on volunteers playing an investment game for real money. When they inhaled the nasal spray, investors were more likely to hand over money to a trustee, knowing that, although they could make a hefty profit, they could also lose everything if the trustee decided not to give any of the money back.

L’article se termine sur une note aussi bien rassurance (pour l’avenir) qu’inquiétante (pour le présent).