
Du temps qui vient
2005-05-13 à 12 h 24
Selon certaines légendes, Merlin vieillissait à reculons, ce pourquoi il pouvait prédire l’avenir : en s’en souvenant.
Il y a quelque temps, je me suis mis à écrire une nouvelle en tangente de cette idée. Il s’agissait de l’histoire d’un homme qui souffrait d’une étrange amnésie : il n’arrivait pas à se souvenir du passé (autre qu’immédiat), mais se souvenait de l’avenir. Quelques situations cocasses en découlaient, comme lorsqu’il rencontre un ami dans la rue sans le saluer, parce qu’il ne revoit plus cet ami, parce que celui-ci est frustré de ne pas avoir été salué…
La situation de cet homme pose un problème : il se souvient de moins en moins de choses, puisqu’il n’a de souvenirs que du reste de sa vie, toujours plus court. Et si notre personnalité est façonnée, entre autres, par les événements de notre vie la sienne est façonnée par son avenir, et de moins en moins.
Il y avait évidemment tout le problème des paradoxes temporels : si notre homme se « souvient » qu’il va se faire frapper en traversant la rue, il ne va pas la traverser, modifiant son souvenir de l’avenir, le faisant traverser la rue, modifiant son souvenir, etc.
Comme il perçoit les effets avant que la cause n’ait lieu, il peut agir sur la cause, à moins d’être prisonnier de son avenir. Ou encore, il modifie à souhait son avenir, pouvant toujours voir les conséquences de chacun de ses choix. Ce qui aurait tendance à 1) lui faire vivre une vie qu’il considère optimale et 2) le rendant fou à force de changer sa mémoire. Mais est-ce qu’il s’en rend même compte que sa mémoire change à tout bout de champ?
Toujours est-il que je n’ai jamais réussi à finir cette histoire; j’avais tendance à m’enliser dans toutes les considérations psycho-philosophiques de la situation.
Selon certaines légendes, Merlin vieillissait à reculons, ce pourquoi il pouvait prédire l’avenir : en s’en souvenant.
Il y a quelque temps, je me suis mis à écrire une nouvelle en tangente de cette idée. Il s’agissait de l’histoire d’un homme qui souffrait d’une étrange amnésie : il n’arrivait pas à se souvenir du passé (autre qu’immédiat), mais se souvenait de l’avenir. Quelques situations cocasses en découlaient, comme lorsqu’il rencontre un ami dans la rue sans le saluer, parce qu’il ne revoit plus cet ami, parce que celui-ci est frustré de ne pas avoir été salué…
La situation de cet homme pose un problème : il se souvient de moins en moins de choses, puisqu’il n’a de souvenirs que du reste de sa vie, toujours plus court. Et si notre personnalité est façonnée, entre autres, par les événements de notre vie la sienne est façonnée par son avenir, et de moins en moins.
Il y avait évidemment tout le problème des paradoxes temporels : si notre homme se « souvient » qu’il va se faire frapper en traversant la rue, il ne va pas la traverser, modifiant son souvenir de l’avenir, le faisant traverser la rue, modifiant son souvenir, etc.
Comme il perçoit les effets avant que la cause n’ait lieu, il peut agir sur la cause, à moins d’être prisonnier de son avenir. Ou encore, il modifie à souhait son avenir, pouvant toujours voir les conséquences de chacun de ses choix. Ce qui aurait tendance à 1) lui faire vivre une vie qu’il considère optimale et 2) le rendant fou à force de changer sa mémoire. Mais est-ce qu’il s’en rend même compte que sa mémoire change à tout bout de champ?
Toujours est-il que je n’ai jamais réussi à finir cette histoire; j’avais tendance à m’enliser dans toutes les considérations psycho-philosophiques de la situation.

