Foire aux idées
Une collections d’idées, farfelues ou non

 

Archives de 05/2005

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De la néo-phrénologie

2005-05-31 à 10 h 20

Mark Liberman a attiré mon attention sur un article (de ce qu’on pourrait appeller « néo-phrénologie ») sur la bosse du sarcasme (un peu comme la bosse des mathématiques, mais en plus ironique) : “The Neuroanatomical Basis of Understanding Sarcasm and its Relationship to Social Cognition” (http://www.apa.org/journals/releases/neu193288.pdf). Apparemment, certains cérébro-lésés ne reconnaîtrerait plus le sarcasme, ayant perdu cette bosse :

The authors explored the neurobiology of sarcasm and the cognitive processes underlying it by examining the performance of participants with focal lesions on tasks that required understanding of sarcasm and social cognition.

Ce à quoi Liberman répond :

I shouldn’t be too sarcastic here — the paper is interesting and suggestive. However, it exemplifies the tendency of scientists to assume without discussion that the common-sense categories of conscious experience must be in one-to-one correspondence with brain regions and with components in a functional “boxology”. (And often with genes as well, though that’s a different story.) So when I read a paper whose second section heading is “The Anatomical Basis of Sarcasm”, I get a sort of sinking feeling: here we go again.

Je suis tout à fait d’accord avec ce point de vue. Ça rejoint d’ailleurs selon moi un erreur courante en science (dont j’ai précédemment parlé), celle de voir un lien de cause à effet lorsqu’il y a corellation apparante. Cette erreur provient souvent d’un apriori par rapport à la cause; par exemple, si le chercheur considère que telle condition doit découler d’un problème biochimique, il vaudra voir dans tout débalancement corélatif la source de la condition. Dans l’article en question, l’auteur présuppose que toute catégorie doit correspondre à une foction cérébrale, donc s’il y a corrélation avec certaines lésions, les zones particulières sont nécessairement à la base du sarcasme.

Via Language Log

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Et son contraire

2005-05-31 à 10 h 20

Avez-vous déjà essayer de chercher quelque chose et son contraire sur google (c’est-à-dire «X» et «-X»)? David Beaver de Language Log, en a fait l’essai et nous dévoile des résultats qui en surprendront certains :

a -a = 35,800,000. According to Google that is. The “-” sign is advertised by Google as a way to remove stuff from a search. So you would have thought that any string of the form X -X would produce 0 hits. But it doesn’t.

Via Language Log

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Retour

2005-05-30 à 10 h 50

Il y a quelques heures (~ 14), j’étais assis avec une amie sur le bord d’un lac. Les nuages qui s’y reflétaient lui donnaient des couleurs de cuivre, des gris, des bleus. Tout était calme (il n’y avait personne d’autre à un kilomètre à la ronde), à part quelques oiseaux qui s’exclamaient çà et là et le clapotis des vagues. À cette heure-là, les « touristes » sont déjà retournés à leur bercail de béton. Le soleil qui descendait à l’ouest et les nuages qui passaient lentement modifiaient les reflets du lac de moment à moment. Une bonne fatigue m’habitait — j’avais travaillé de mes mains une bonne partie de la fin de semaine — et un certain bien-être provenant de l’environnement et de la compagnie. L’expression « coin de paradis » trouvait là sa définition.

Et aujourd’hui, je me trouve dans une tour de verre et de béton, entouré de deux cents collègues, dont une n’a aucune notion de silence.

Méchante drop.

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Du retranchement

2005-05-19 à 9 h 24

Le New York Times a décidé de placer ses chroniqueurs et meilleurs auteurs dans une section payante. Ce à quoi Andrew Sullivan réplique que ceci les coupera du flot de la bolgosphère, où de plus en plus de gens puisent leur information (et inspiration) :

By sectioning off their op-ed columnists and best writers, they are cutting them off from the life-blood of today’s political debate: the free blogosphere. Inevitably, fewer people will link to them; fewer will read them; their influence will wane faster than it has already. The blog is already becoming a rival to the dated op-ed column format as a means of communicating opinion journalism. My bet is that the NYT’s retrogressive move will only fasten [sic] the decline of op-ed columnists’ influence.

Via Language Log (qui commente la mésutilisation de « fasten »)

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Du développement durable

2005-05-18 à 12 h 24

Un récent communiqué de la toujours très progressive et écologiquement consciente Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) nous rappelle que « pour être viable, un véritable plan de développement durable doit d’abord s’appuyer sur le développement économique » qu’il faut « un plan dont les mesures en matière de développement durable ne freinent pas davantage le développement économique du Québec et de ses régions ».

Donc, si je comprends bien, le développement doit être d’abord économique, puis durable. Ah bon. Je pensais qu’une des idées du DD était qu’il ne faut pas tout soumettre à l’économie. Ces méchants écologistes et altermodialistes m’ont encore dupé. Je me suis trop fié à ces mêmes groupes dont un de leurs communiqués de l’an dernier parlait, « groupes dont la courte vue ne considère que des solutions de production alternatives comme l’énergie éolienne, qui doivent certes être développées mais dont la fiabilité, l’efficacité et la rentabilité sont trop incertaines. »

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Des essais et des blogues

2005-05-18 à 9 h 47

Un professeur nous offre cette réponse intéressante à l’article que je citais précedemment.

It is an interesting article primarily because it reminds me how many of us are still stuck in the linear universe of print and refuse to acknowledge the emergence of the acoustic environment created by the proliferation of the electronic media. (…) Blogs do not attempt to replace essay writing. When used in education, blogs foster the development of expressive language

Le même auteur offrait d’ailleurs récemment ses réflexions sur les différences entre l’écriture et le blog.

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Points du vue sur blogue

2005-05-16 à 13 h 52

Deux points de vue sur le phénomème des blogues :
Le Devoir, assez positif, et The Baltimore Sun qui compare (au détriment du blogue) la forme à l’essai.
J’aime quand l’auteur dit :

An essay, despite the immediacy and passion with which it might have been written, has still been perused by an editor, a copy editor and a fact-checker before it saw print. (Even Swift had an editor.) A blog has been reviewed by no one, edited by no one - not even, in many cases, been proofread by the author.

Particulièrement, le « fact-checker ». Dieu sait combien de publications (journaux, livres, télévision, etc.) ne prenne pas vraiment le temps de vérifier les faits. Même une émission comme 5 sur 5, à Radio-Canada, dont le principe tient à répondre aux interrogations du public, peut enfiler une batterie d’erreur dans un topo tout simple. Pour ce qui est de la révision, je suis d’accord que beaucoup (mais alors beaucoup) plus d’erreurs se glissent dans les blogues (même dans le mien, et je suis réviseur), mais dans les publications « main-stream » aussi (cf. la dépêche de la Presse canadienne selon laquelle 6 000 $ ont dû être dépensés pour réimprimer un ouvrage de Tourisme Québec — et ce n’est que la pointe de l’iceberg, j’en ai vu bien d’autres, et des pires, alors que j’étais fonctionnaire).

Je suis d’accord qu’il s’agit plus souvent d’idée qui gagneraient à fermenter un peu plus, mais voilà une particularité du blogue par opposition à l’essai traditionnel&nsbp;: la rétroaction, qui permet de mieux affiner l’idée — qui pourra être représentée sous forme d’essai.

Le sous-titre de l’article compare les blogues à de la mauvaise herbe dans le jardin des vrais essais. Cristi, d’Invented Usage, préfère dire qu’il s’agit de fleurs sauvages.

Via Invented Usage

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Six mois

2005-05-16 à 9 h 18

Il y a six mois aujourd’hui qu’Isabelle est décédée. Peut-être est-ce l’anniversaire (ou semi-anniversaire) ou le retour du printemps, ou encore la tâche que je me suis récemment donnée, mais elle me semble plus présente ces derniers jours. J’ai toujours le réflexe de penser qu’elle m’attend lorsque je retourne à la maison. Je suis étrangement (en fait, pas si étrangement, il n’y a pas vraiment d’ordre dans tout ça) retourné de la colère (vivement les meubles à défaire et les crowbars) au déni. Je crois que le déni, plus ou moins conscient ou présent, reste toujours en trame de fond; ce qui n’est pas surprenant puisqu’il s’agit d’un mécanisme de survie : on s’empêche d’être submergé par les émotions en mettant cette information de côté, pour un temps. Et on alterne entre le déni et chacune des autres phases.