Foire aux idées
Une collections d’idées, farfelues ou non

 

Archives de 02/2005

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Connaissance vs information

2005-02-28 à 9 h 51

Dans un récent billet, Martin Lessard nous entretien de la Connaissance du monde, disant au passage que “Connaissance vs information. Il y a un billet à faire sur le sujet.”

Je discutais justement de la question avec un ami récemment. Une des conclusions à laquelle nous étions arrivés est que l’information est donnée, tandis que la connaissance est atteinte. Alors qu’on peut trouver l’information dans des livres ou sur le web (voir mon billet précédent sur Socrate et le web), la connaissance doit être intégrée, il doit y avoir un travail pour y accéder. Que ce soit un travail de recoupement et d’évaluation des diverses sources d’information, ou un travail de cherche interne, la connaissance est un résultat.

Je viens de lire cette intéressante citation :

L’écriture est une chose et le savoir en est une autre. L’écriture est la photographie du savoir, mais elle n’est pas le savoir lui-même. Le savoir est une lumière qui est en l’homme. Il est l’héritage de tout ce que les ancêtres ont pu connaître et qu’ils nous ont transmis en germe, tout comme le baobab est contenu en puissance dans sa graine.

(Tierno Bokar, cité par Amadou Hampâté Bâ, Aspects de la civilisation africaine, chap. 2)

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Résistance

2005-02-25 à 13 h 20

“Je vous souhaite de vivre dans des temps intéressants!” dit la vieille malédiction. Eh bien, nous vivons depuis plusieurs années, dans des temps intéressants. Des temps qui nous permettent de faires certaines observations, comme le fait que le vocabulaire de la presse, ici comme ailleurs, est quelquefois dicté par le Pentagone. Ils étaient l’armée de Saddam, sont devenus des terroristes et sont depuis plusieurs temps des “insurgés”. Mais imaginez-vous si on se mettait à les appeler des “résistants” qui luttent contre “l’occupation”. (non pas que je sois d’accord avec leurs actions). Ce serait beau à voir à CNN…

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Cognitio 2005

2005-02-25 à 12 h 35

L’UQÀM, bien que bon nombre de ses étudiants soient en grêve, nous propose ce colloque de jeunes chercheurs en sciences cognitives qui semble des plus intéressants, mais qui, comme tout colloque qui se respecte, ne le sera peut-être pas. Cela dépend toujours des présentations auxquelles on assiste.

Ce colloque a pour but de présenter un état des lieux de la recherche cognitive actuelle (théorique et empirique) et de permettre des échanges académiques entre des jeunes chercheurs de différentes disciplines, intéressés par les mêmes problématiques. Des étudiants en sciences cognitives, psychologie, linguistique, robotique, biologie, philosophie, neurosciences et économie expérimentale présenterons des communications. Trois conférenciers invités présenteront les conférences d’ouverture de chaque journée: deux économistes expérimentaux: (John Dickhaut, University of Minnesota, et Cathleen Johnson, Centre Interuniversitaire pour la Recherche et l’Analyse des Organisations, Montreal) et un philosophe (Serge Robert, UQÀM).

Du 2 au 4 mars prochains, au Pavillon Thérèse-Casgrain, 5e étage (455, boul. René-Lévesque Est).

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Googlewhacking

2005-02-21 à 9 h 42

Le Boston Globe la semaine dernière nous proposait un article sur un nouveau “sport” intellectuel (en fait, pas si nouveau, ça fait déjà plus d’un an), le Googlewhacking :

Named after the Internet search engine, Googlewhacking is a neologism that refers to a game growing in popularity around the world among people with entirely too much time on their hands. The goal is simple: to log on to Google and to come up with two words that return a single hit. Once Google scans its 8 billion pages, usually in less than a second, check the finding in the upper right corner of the screen. If it says, ‘’Results 1-1 of 1,” then congratulations!

On peut voir les meilleurs résultats, les règlements, etc., sur Googlewhack.

Évidemment, c’est plus facile à faire en français (ou dans des langue plus exotique comme le magyar ou encore le nootka).

Via Proz

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Dialectiseurs

2005-02-17 à 12 h 26

La traduction automotique n’est peut-être pas encore au point, mais il y en a certains qui ont eu l’idée de « dialectiser » les textes. Évidemment, ils utilisent un système très simple de remplacement de mots, mais ça vaut la peine d’essayer. Par exemple, The Dialectizer

The translation is done via a huge series of search-and-replace operations. The translation programs do not analyze sentence structure or keep track of parts of speech. They merely look for certain sequences of characters and replace them with other sequences. The search strings are sometimes whole words, sometimes parts of words, or sometimes more than one word.

The least complex dialect is Elmer Fudd, which consists of only about 20 search strings. The most complex are Cockney and Redneck, which have between 600 and 900 search strings.

Ou, pour le dire en Jive:

De translashun be done via some huge series uh search-and-replace opuh’shuns. De translashun honky codes do not analyze sentence structure o’ keep track uh parts uh speech. Lop some boogie. Dey merely look fo’ certain sequences uh characters and replace dem wid oda’ sequences. De search chittlin’s is sometimes whole wo’ds, sometimes parts uh wo’ds, o’ sometimes mo’e dan one wo’d.

De least complex dialect be Elma’ Fudd, which consists uh only about 20 search chittlin’s. De most complex is Cockney and Redneck, which gots between 600 and 900 search chittlin’s.

Voici ce qu’en dit le “Textilizer” de Gizoogle:

The translation is done via a huge series of search-and-replace operations . Wussup to all my niggaz in the house. tha translation programs dizzle analyze sentence structure or keep T-R-to-tha-izzack of parts of speech in tha hood. they merely look fo` certain sequences of characta n replace them wit playa sequences. tha search bustin’ is sometizzles whole words, sometizzles parts of words, or sometizzles more than one word. Bounce wit me.

Via Proz.

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Retour sur la conscience

2005-02-16 à 11 h 06

J’avais mentionné précédemment que j’allais revenir plus en profondeur sur la question de la conscience, et de sa survie. Eh bien, voici quelques idées, à peine germées, qui trottent en ce moment dans ma tête.

Pour commencer, un petit retour en arrière. À un certain moment de l’évolution de l’espèce humaine (vers l’homo habilis?), un langage structuré rudimentaire s’est développé. Probablement holophrastique (c.-à-d., un mot par phrase) à l’origine, puis à deux mots. Ceci a contribué à grandement augmenter la communication entre les individus (et à perpétuer la mémoire), créant du coup un tout nouveau (à ce qu’on sache, mais il y a les dauphins) type de réseau d’information.

Qui dit réseau ou système complexe, dit propriété émergente. Dans ce cas, la conscience. Qui dit système complexe et propriété émergente, dit également rétroaction. Ici, nous avons un développement du cerveau et de la capacité à communiquer, en va-et-vient jusqu’à l’apparition de la langue telle que nous l’entendons (vers 40 000 av. JC).

Cette conscience, qui résulte du réseau d’information et l’aide à se développer, offre les mêmes caractéristiques que Jung attribuait à l’inconscient collectif, mais aussi celles qui sont attribuées par certains à une « Intelligence supérieure » ou un « Être suprême » (que je nommerai, afin d’augmenter la confusion, « Dieu »). Nous avons donc le genre homo qui crée Dieu qui, en retour, crée l’homo sapiens sapiens.

Ceci explique peut-être pourquoi Jésus-Christ, dans toutes les citations qui lui sont attribuées (nonobstant le peu de crédit historique qu’on peut donner aux Évangiles), se dit toujours le « Fils de l’homme » : fils de l’entité qui est l’unification des réseaux humains.

Qu’en est-il alors de l’âme (ou esprit). Il s’agit d’un réseau, neural à l’origine, mais s’étendant probablement à l’ensemble du corps, et au-delà. Après la mort, il n’a plus le support physique qui le voit naître; il perd donc probablement une partie de ses caractéristiques. Mais il perd en contrepartie certaines ses limitations, et gagne la capacité de se propager, de s’étendre. Capacité à être en plusieurs de nous, selon ses affinités (sans qu’on en ait conscience). Serait-ce là la différence entre le Ciel et l’Enfer? Se pourrait-il que la personne « bonne » se retrouve auprès de ceux qu’il a aimés, à partager leur bien-être; la « méchante » dans les souffrances de ceux qu’il a blessés ou dans la rareté du contact plaisant?

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Science et naïveté

2005-02-9 à 13 h 26

Ce passage d’une brève missive, publiée dans Le Devoir (ceux qui me lisent (??) doivent commencer à savoir quel journal agrémente mes avant-midi) et qui porte sur un sujet tout autre, m’a fait bien rire. Je me propose donc de vous faire partager ma bonne humeur :

[…] n’avez-vous pas appris à l’université que ce qui est attendu des chercheurs, ce n’est pas qu’ils fassent part de leurs «convictions» (personnelles) au terme de leurs études — cela ressorti au domaine des croyances (foi, religion) — mais bien qu’ils fassent apparaître et ressortir les données brutes objectives intrinsèques les plus probantes et les plus complètes possible, au moyen des seuls faits et meilleurs arguments existants.

Ah! comme c’est beau, la naïveté!

Mais en fait non, ce n’est peut-être pas de la naïveté. C’est probablement cela qui est attendu, par la majorité de la population, des chercheurs. Mais bon, les données ne restent pas brutes longtemps, elles sont vites épurées des données ne respectant pas les axiomes de départ de la théorie (il y a toujours moyen de se débarrasser de ce qui est embarrassant, de jeter, par divers tours dialectiques ou procéduraux, ce qui ne nous convient pas). Ce qui nous donne les « données pertinentes ». Celles qui peuvent entrer dans la courbe déjà tracée (d’accord, j’exagère peut-être un peu) ou dans le cadre théorique.

J’ai eu la chance d’étudier dans un domaine, la linguistique, où il n’y a pas de consensus global. Il y a bien sûr une théorie dominante (en Amérique, du moins), mais les points de vue sont assez variés. Il est plus facile de constater plus facilement le phénomène, lorsque ton voisin, qui n’est pas du même courant théorique, rejette les données que tu gardes, et vice versa.

Suggestion de lecture : La structure des révolutions scientifiques (The Structure of Scientific Revolutions), le célèbre classique de Thomas Khun qui a peut-être ses défauts, mais donne un assez juste aperçu du fonctionnement de la science, dans les faits.

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Cassandre et insomnie

2005-02-3 à 11 h 55

Il y a quelque chose à dire sur la force créatrice de l’insomnie (j’en fais souvent l’expérience), comme en fait foi la missive que Wajdi Mouawad vient d’envoyer, via Le Devoir:

Mme la ministre de la Culture et des Communications, Je vous écris à la faveur d’une nuit d’insomnie. Je ne suis plus directeur artistique du Quat’Sous, je ne suis pas membre de l’Union des artistes et ne fais partie d’aucune association. Mon étonnement, seul, me tient éveillé. C’est lui qui me pousse à vous écrire pour vous témoigner ma consternation devant la férocité de votre apolitique culturelle. De votre absence.

Il y parle, avec la langue qu’on lui connaît, de l’immense absence de la ministre de la Culture ces derniers temps. À lire.