Parlant de lenteur, le courriel présente un phénomène intéressant. Et potentiellement dommageable, lorsqu’il s’agit d’un échange à caractère délicat, particulièrement lorsque les interlocuteurs ont accès continuellement à leurs messages (à se sujet, une intéressante note qui nous provient via Nana). Dans certaines circonstances, un échange peut plus facilement dégénérer à travers le courriel que par téléphone ou missives traditionnelles.
En effet, contrairement au courrier postal, le courriel demande moins de temps, plus de lenteur. Ce qui implique une réponse plus réfléchie lorsqu’on est froissé par un propos. Le temps de l’écrire peut être le même, mais il faut ensuite avoir déniché l’enveloppe et la cacheter, timbrer, poster. Ce qui donne amplement le temps de “dépomper”. Et, contrairement au téléphone, le courriel n’offre ni l’avantage de la réponse immédiate, ni celui du ton, de l’émotion, du non verbal sonore. Et il donne juste assez de temps pour se pomper un petit peu plus, loisir que le téléphone ne permet pas.
Bien sûr, ce n’est pas le cas pour tous. On peut aussi bien grimper dans les rideaux au téléphone, mais lorsqu’on ressent beaucoup d’empathie pour l’interlocuteur, c’est beaucoup plus difficile que par le neutralisateur qu’est le courriel (ou même la messagerie instantanée). Croyez-moi, j’en ai fait récemment l’expérience &endash; j’ai d’ailleurs pris l’habitude de passer au téléphone lorsque l’épistolite (inflammation des échanges) s’installe.